Après un premier article consacré aux références cachées dans Kpop Demon Hunters, on poursuit l’exploration du succès Netflix. Entre tigres et pies, esprits aquatiques, paravents royaux ou encore ornements traditionnels, le film cache bien plus que des combats de K-pop contre des démons. Démêlons donc tous ces détails du folklore coréen et traditions historiques !

Vous pensiez qu’on avait déjà tout dit sur Kpop Demon Hunters ? Pas du tout. Après les chamanes, les rituels et les messages cachés des Saja Boys, on revient avec d’autres détails que vous avez sûrement ratés dans ce film culte de Netflix !

Un tigre et une pie : le clin d’œil aux Jakhodo

Comparaison d'un Jakhodo à gauche, et du tigre et de la pie de Kpop Demon Hunters à droite

© KPop Demon Hunters (2025) / M. Kang, C. Appelhans / Sony Pictures Animation © Korean folk painting of the Tiger and the Magpie / Wikimedia Commons

Et on démarre avec l’adorable duo tigre et pie, les esprits qui accompagnent Jinu.

Ils sont une référence aux Jakhodo, peintures coréennes montrant toujours une pie sage et digne, face à un tigre caricaturé et tourné au ridicule.

D’ordinaire un animal mythique voire sacré, le tigre est ici une satire du pouvoir corrompu. Et c’est devenu un vrai classique de l’art coréen !

Pas grand chose à voir avec notre film, mais ça reste une grosse ref’ !

L’ilwolobongdo, symbole de pouvoir royal coréen

Une autre œuvre apparaît plus subtilement vers la fin du film : regardez bien le décor de la scène, au début des Idol Awards.

 

Deux cyprès, des montagnes, la lune et le soleil… Il s’agit en fait d’un décor traditionnel de paravents royaux sous la dynastie Joseon (XV-XXe siècle) : l’ilwolobongdo. Toujours placés derrière le trône, ils symbolisaient pouvoir, longévité et harmonie. Tiens donc…

Représentation d'un ilwolobongdo

Des démons inspirés du folklore : gwisin et masques tal

Côté démons, on peut retrouver deux inspirations.

Ceux des bains s’inspirent des gwisin, esprits aquatiques aux long cheveux noirs et au visage pâle, réputés pour attirer et noyer leurs victimes.

Tandis que l’apparence de la majorité des autres démons reprend surtout des traits propres aux tal, des masques coréens traditionnels.

Un véritable norigae à gauche, comparé aux 3 norigae des Huntrix

© 국립국어원 / Wikimedia Commons © KPop Demon Hunters (2025) / M. Kang, C. Appelhans / Sony Pictures Animation

Les norigae, bijoux traditionnels des Huntr/x

De la tradition, il n’en manque pas non plus sur les tenues des Huntr/x : elles portent toutes un norigae.

Cet accessoire coréen associe une petite décoration (paemul), des nœuds tressés selon l’art ancestral du maedup (l’art du nouage), et de longues pampilles en soie (sul).

Symbole de féminité et de spiritualité, il est censé apporter chance, prospérité ou encore protection, selon sa forme.

L’arbre sacré dangsan, protecteur menacé

On termine avec un dernier clin d’œil qui donne toute sa puissance à la scène de discussion finale entre Céline et Rumi. L’arbre qu’on voit dans le fond est un arbre dangsan, un arbre sacré et gardien des villages. Traditionnellement orné de rubans colorés lors de rituels (on le voit bien au début du film !), le montrer assombri et encerclé par un honmoon menaçant renforce la gravité de la scène…

 

KPop Demon Hunters cache donc bien plus de références qu’on ne l’imagine ! Ici, on a surtout parlé de la Corée traditionnelle… mais le film regorge aussi d’anecdotes sur la Corée moderne ! Qui mériteraient sans doute, elles aussi, tout un article dédié.